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Pour nous Il descendit du ciel

Chers Religieuses et Religieux,

Je viens d’envoyer à vos «maisons» mes vœux de Noël les plus cordiaux.

Je désire les accompagnér maintenant d’une brève méditation sur le mystère de Celui qui «pour nous descendit du ciel». C’est un cadeau incroyable que nous recevons, qui inonde notre vie et nous rend messagers de miséricorde, de joie et d’espoir.

 

“Pour nous Il descendit du ciel”

 

Chers Religieuses et Religieux,

Nous nous préparons à vivre un nouveau Noël. Une fois de plus nous est donnée la grâce d’entendre cette annonce joyeuse et bouleversante : Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique (cf. Jn 3,16). Pour cela – comme nous le proclamons dans le Credo – le Fils de Dieu « pour nous les hommes, et pour notre salut, descendit du ciel… et s’est fait homme ».

« Il descendit du ciel ». Le Créateur de toutes choses, Celui qui habite les cieux, qui a créé la terre et l’a mise entre les mains de l’homme, n’est pas resté au ciel. Parce qu’Il est Amour (cf. 1 Jn 4,16), et l’amour pousse vers ceux qu’on aime, le Fils de Dieu a voulu se rendre compte lui-même de notre situation sur la terre. Pour effectuer cela de façon très réaliste, «le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous» (Jn 1,14). Il s’est fait homme comme nous, il a partagé notre vie jusqu’à la mort, et il a placé sa vie dans notre mort. Il nous a sauvés.

Dieu ne nous connaît pas seulement du haut de son omniscience. Il nous connaît car Il est ‘entré’ dans l’histoire de chacun d’entre nous, Il l’a prise sur lui-même, Il est descendu dans tous nos évènements jusqu’à devenir plus intime à nous que nous-mêmes. Il a pris notre nature humaine et a tout partagé avec nous : ce que nous sommes, ce que nous désirons, ce que nous souffrons, ce que nous vivons à chaque instant. «Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme – dit Gaudium et Spes -, (…) il est vraiment devenu l’un de nous, semblable à nous en tout, sauf le péché» (n. 22).

Frappé par cet amour incroyable Saint Augustin exclame : «Réveille-toi, homme, pour toi Dieu s’est fait homme ».

« Il s’est fait homme ». Puisque Jésus, le Fils fait homme, a partagé chaque vie humaine, en l’assumant dans tous ses aspects, personne ne peut plus considérer son histoire comme étant exclusivement « sienne». Personne ne peut plus se considérer «seul» et déclarer : « J’appartiens exclusivement à moi-même ». Si on prend Noël au sérieux, chacun devrait, en toute vérité, utiliser le «nous» à chaque fois qu’il parle de soi. On ne devrait pas dire : j’aime, je souffre, j’espère, mais dire : nous (moi et le Seigneur) nous aimons, nous travaillons, nous souffrons, nous espérons. Tout acte, donc, si petit soit-il, fait à un être humain, même au pire d’entre eux, est fait réellement à Jésus : nous devrons en rendre compte.

Le Verbe de Dieu s’est fait solidaire de nous, non seulement dans le «positif», mais aussi dans la limite, dans la souffrance, l’échec, la pauvreté. Ainsi, la souffrance également – sous toutes ses formes – précisément parce que partagée par Jésus, peut être rachetée, peut être vécue avec amour, et transformée alors en un printemps de vie, de paix, d’unité. Tout et tous trouvent leur raison d’être dans le Verbe de Dieu : il donne sens à toute souffrance humaine et fait germer ce qui est semé avec amour.

En particulier, Jésus-Christ nous sauve et nous libère de nos péchés en nous indiquant et en nous donnant la « miséricorde » de Dieu le Père, comme le Pape François l’a rappelé et proclamé au monde entier, le 8 décembre dernier, en inaugurant le Jubilé spécial de la Miséricorde.  « Face à la gravité du péché, Dieu répond par la plénitude du pardon. La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne » (Misericordiae Vultus, 3).

Fêtons donc Noël ! Échangeons-nous des cadeaux et des vœux !

Le don du Christ, c’est Lui-même, présent et vivant parmi nous. Demandons à Marie, Mère de Dieu et notre Mère, de nous faire découvrir, dans le regard humble et pénétrant de la foi, avec émerveillement toujours nouveau, que Jésus est le «Dieu avec nous». Rien ne sera plus comme avant, et tout deviendra source de joie, si en ce Noël, nous nous apercevons, avec une conscience renouvelée, que le Seigneur est proche de nous avec sa miséricorde infinie; qu’Il nous accompagne, avec une fidélité indéfectible; qu’Il nous aime avec une mesure infiniment plus grande que celle avec laquelle nous nous aimons; qu’Il vient à notre secours, avec une force qui dépasse tous les obstacles, « car rien n’est impossible à Dieu » (Luc l, 37).

Je nous souhaite tous qu’Il nous donne un cœur comme le sien, un cœur qui s’ouvre et se dilate, plein de sollicitude envers les autres, envers leurs besoins et leurs attentes.  Je souhaite, en particulier, que dans la nouvelle année nous puissions porter à tous, aux croyants comme à ceux qui sont loin de la foi, «le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous» (MV, 5), en faisant de nos maisons et de nos communautés des «oasis de miséricorde » (MV, 12). Dieu est descendu jusqu’à nous. « Descendons » nous aussi vers nos frères et sœurs !

Nous serons, alors, un Noël qui continue : en vivant chaque jour de la nouvelle année 2016 comme un cadeau d’amour à quiconque s’approche de nous, pour inonder le monde de paix et de Bonheur.

Chers Religieuses et Religieux, au nom du Pape François je vous renouvelle l’estime et la gratitude de l’Eglise. À toutes et à tous je souhaite un Saint Noël et je vous bénis de tout cœur.

 

+ Luigi Bonazzi

Nonce Apostolique

 

17 décembre 2015